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L’entrepreneuriat social bruxellois doit-il sortir de sa zone de confort ?

COOPCITY FEST

Le 5 juin 2019, COOPCITY organisait le « Coopcity Fest », un festival dédié à l’entrepreneuriat social.  Une occasion en or pour mettre sur pied un débat dédié au développement du secteur en Région de Bruxelles-Capitale. Et dessiner quelques pistes de réflexion parfois légèrement iconoclastes.

 

coopcity fest

 

« Comment l’entrepreneuriat social peut-il répondre aux enjeux bruxellois ? ». Il y a quelques mois, COOPCITY a posé cette question à quelques dizaines de personnes lors d’un débat organisé à l’occasion du « Coopcity Fest ». Vaste question… d’autant plus compliquée à aborder qu’il n’est pas évident de définir l’entrepreneuriat social. Jusqu’il y a peu, en francophonie, on ne parlait d’ailleurs pas de cela, mais bien d’économie sociale. Et on admettait en général que les structures actives dans le domaine de l’« ES » devaient être des activités économiques productrices de biens ou de services respectant les quatre grands principes du secteur[1].

 

Depuis, le concept d’entrepreneuriat social a pointé le bout de son nez et on s’y perd parfois un peu. Économie sociale, entrepreneuriat social. Parle-t-on vraiment de la même chose ? Tous les chercheurs se crêpent le chignon sur cette question même si certains tentent de trouver un compromis. Interrogé sur le sujet, Jacques Defourny, directeur du Centre d’économie sociale de l’Université de Liège avait un jour affirmé que l’entrepreneuriat social était « une lecture entrepreneuriale d’une réalité envisagée plus souvent sur son versant social »[2]. En gros, il s’agit de dire que l’économie sociale et l’entrepreneuriat social partagent des buts identiques mais que les moyens mis en œuvre pour y arriver sont parfois différents…

Des pistes pour se développer

 

Ce constat étant posé, passons aux chiffres. D’après l’observatoire de l’économie sociale – qui parle d’ailleurs « d’entreprises d’économie sociale », c’est dire… – la Région de Bruxelles-Capitale comptait 103 598 postes de travail d’économie sociale en 2016. Cela représentait 4685 entreprises. Pour ce qui est des secteurs les plus représentés, citons la « Santé humaine et actions sociales » avec 944 entreprises. Les « Arts, spectacles et activités récréatives », qui pèsent lourd avec 613 structures. Ou encore les « Autres activités de service », comptant 1879 entreprises.

 

Est-ce suffisant pour répondre aux besoins de Bruxelles ? Et les secteurs cités sont-ils pertinents ? C’est à partir des avis et de l’expérience des participants au débat que COOPCITY a tenté de répondre à ces questions ainsi qu’à celle déjà citée plus haut : « Comment l’entrepreneuriat social peut-il répondre aux enjeux de Bruxelles ? » Dans quels secteurs est-il le plus susceptible de le faire et sous quelles modalités ?

 

Concernant les secteurs potentiellement fertiles, de nombreux participants ont cité des « classiques » comme la construction ou le transport. Mais des pistes plus « iconoclastes » sont également venues sur la table comme le secteur de l’énergie, des crèches ou de l’aide aux seniors, très largement privatisé à l’heure actuelle.

 

Il a aussi été question des freins à ce déploiement. Comme en écho aux nouveaux secteurs évoqués, il a été souligné que de nombreux porteurs de projet ont encore trop souvent tendance à se « rêver trop petit » ou à se limiter à des secteurs « traditionnels » comme la récupération, les épiceries « responsables », etc. Ils seraient de plus perçus comme de simples idéalistes, désireux d’entreprendre de manière responsable mais sans pour autant avoir un désir de changer d’échelle et de grandir. Sujet fort débattu – en lien avec ce constat – certains participants ont évoqué qu’il ne fallait pas craindre les formations de type « commercial » et s’inspirer de ce qui se fait dans le secteur de l’économie classique.

 

Également souligné, outre le cadre structurel et législatif pas encore toujours adapté au développement de ces nouveaux projets : une difficulté d’accès aux informations et, partant, des problèmes de transmission des outils, des méthodes.

 

Enfin, c’est bien sûr la question de la visibilité pour les projets existants qui a clôturé ce bref tour de table. Car « se faire voir », c’est peut-être ce qui va permettre au secteur de commencer à répondre à l’ensemble des enjeux auxquels il fait face..[1]Une finalité de service à la collectivité ou aux membres de la structure plutôt qu’une finalité de profit, une autonomie de gestion, une gestion démocratique et participative, une primauté des personnes et du travail sur le capital dans la répartition des revenus.

Article écrit par Julien Winkel

[2]Alter Échos n°408 du 8 juillet 2015, « Il était une fois l’économie sociale et l’entrepreneuriat social », Julien Winkel.

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